Le vaccin contre la grippe réduit-il le risque de démence ? Ce que montre une étude sur 165 000 seniors
Chaque année, le même rappel revient : il est temps de vous faire vacciner contre la grippe. Nous y voyons surtout une protection pour les semaines à venir, une façon d'éviter une semaine au lit, ou pire. Une étude publiée plus tôt cette année dans la revue Neurology a posé une autre question : le type de vaccin antigrippal reçu par une personne âgée pourrait-il être associé à ses chances de recevoir, des années plus tard, un diagnostic de maladie d'Alzheimer ? Elle fait de nouveau parler d'elle ce mois-ci, ce qui mérite qu'on la regarde calmement.
La réponse courte est modeste, encourageante et encore incertaine.
Le vaccin contre la grippe réduit-il le risque de démence ?
Peut-être un peu, mais personne ne le sait encore avec certitude. On recommande le vaccin antigrippal aux personnes âgées surtout parce que la grippe peut les rendre gravement malades, et une maladie grave éprouve tout l'organisme, cerveau compris. Plusieurs études d'observation ont associé la vaccination contre la grippe à un risque moindre de diagnostic de démence plus tard. Mais les personnes qui se font vacciner prennent souvent soin de leur santé par d'autres moyens aussi, ce qui peut expliquer une partie de ce schéma. À notre connaissance, aucun essai randomisé n'a montré qu'un vaccin antigrippal prévient la démence. L'étude présentée ici va un cran plus loin : elle compare deux types de vaccin entre eux. Cela règle une partie du problème, mais pas tout.
Ce qu'ont fait les chercheurs
Une équipe de l'UTHealth Houston, dirigée par Paul Schulz, a utilisé une grande base américaine de remboursements d'assurance maladie couvrant les années 2014 à 2019. Elle a retenu les personnes de 65 ans et plus sans diagnostic antérieur de démence qui avaient reçu un vaccin antigrippal : 120 775 avec un vaccin à haute dose et 44 022 avec une dose standard. L'âge moyen était de 74 et de 73 ans, et un peu plus de la moitié étaient des femmes. Un vaccin à haute dose contient davantage de principe actif ; il est conçu pour obtenir une réponse plus forte d'un système immunitaire vieillissant. Au lieu de comparer des personnes vaccinées à des personnes non vaccinées, les chercheurs ont comparé les deux types de vaccin entre eux, puis suivi tout le monde jusqu'à trois ans. Un diagnostic de maladie d'Alzheimer était repéré à partir de codes médicaux et d'ordonnances de médicaments approuvés contre cette maladie.
Ce qu'ils ont constaté
Dans les premières années suivant l'injection, les personnes ayant reçu la haute dose étaient un peu moins souvent diagnostiquées d'une démence de type Alzheimer. Au plus fort, environ deux ans après l'injection, l'écart était d'environ un demi-point de pourcentage, soit un diagnostic de moins pour 185 personnes vaccinées à haute dose. Une seconde analyse, plus prudente, des mêmes données donnait un écart plus faible, d'environ un pour 270. L'écart apparaissait plus tôt et plus nettement chez les femmes, et de façon moins régulière chez les hommes. Certains articles de presse ont cité un pourcentage relatif bien plus élevé. Nous préférons les chiffres absolus, car ils montrent ce que la différence pourrait représenter pour une seule personne, et elle est faible. Les chercheurs ont aussi examiné des résultats que le vaccin ne devrait pas influencer et n'y ont trouvé aucun lien, ce qui laisse penser que la méthode ne captait pas simplement du bruit.
Ce que cela signifie, et ce que cela ne signifie pas
Il s'agit d'une association. Rien dans cette étude ne montre qu'un vaccin antigrippal à haute dose prévient la maladie d'Alzheimer. Même avec des statistiques soignées, les personnes qui reçoivent la haute dose peuvent différer de celles qui reçoivent la dose standard par des aspects que les données ne voient pas, comme leur état de santé, leurs revenus ou la fréquence de leurs consultations. L'auteur principal a lui-même cité ce biais de l'utilisateur en bonne santé parmi ses préoccupations. Les auteurs avancent deux pistes pour expliquer le rôle possible d'un vaccin : moins de grippes sévères et moins d'inflammation dans l'organisme, ou une modification plus durable des réponses immunitaires. Ce sont des hypothèses, pas des résultats. Un expert extérieur a d'ailleurs jugé les preuves bien moins solides que pour le vaccin contre le zona.
Les limites, en toute honnêteté
Les données de remboursement consignent des diagnostics à des fins administratives, et non après un bilan attentif de la mémoire, et les codes utilisés ici incluaient aussi les démences non précisées. Certains cas ont donc pu être étiquetés à tort comme Alzheimer. Trois ans, c'est court pour une maladie qui se développe sur des décennies. Les chercheurs disposaient de peu d'informations sur le mode de vie, le niveau d'études ou les biomarqueurs. Les données venaient d'assurances commerciales américaines, si bien que les résultats ne valent peut-être pas pour tout le monde, et ceux sur les troubles cognitifs légers étaient contrastés. Les auteurs appellent à des études plus longues, auprès de groupes plus variés, idéalement avec des biomarqueurs pour confirmer les diagnostics.
Comment en tenir compte
Cette étude ne suffit pas, à elle seule, à changer quoi que ce soit, et personne ne devrait choisir un vaccin à cause d'elle. On recommande la vaccination antigrippale aux personnes âgées en raison de ce que la grippe elle-même peut provoquer, et cette raison tient, même sans bénéfice pour le cerveau. Aux États-Unis, le CDC recommande déjà un vaccin plus fortement dosé aux personnes de 65 ans et plus ; l'offre et les recommandations varient d'un pays à l'autre. Si vous hésitez sur le vaccin qui vous convient, votre médecin ou votre pharmacien saura vous renseigner.
Une petite habitude, régulière
La santé du cerveau tient rarement à une seule grande décision. Elle se construit le plus souvent à partir de nombreux petits gestes réguliers : un rendez-vous de vaccination honoré, une promenade, une bonne nuit de sommeil, quelques minutes de jeu mental. Treeny repose sur cette même idée. Les exercices quotidiens sont courts et pensés pour vous plaire, et Flo, le coach de l'application, les adapte à votre forme du jour. Treeny n'a pas participé à cette étude et ne traite ni ne prévient aucune maladie.
Une remarque sur la façon de lire ceci
Cet article décrit une recherche et ne constitue pas un avis médical. L'étude montre une association et ne peut pas établir qu'un vaccin antigrippal réduit le risque de maladie d'Alzheimer. Parlez à votre médecin ou à votre pharmacien du vaccin qui vous convient, et de toute inquiétude que vous auriez au sujet de votre mémoire.
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